Aller au contenu

Maison Julien Gracq

Gwenaëlle Abolivier

Résidence croisée ville de Nantes · septembre 2021

« Les rares passagers sont apparemment habitués à ces épisodes de crues effrayantes qui ont éventré les routes et emporté les ponts. Perdus dans leurs pensées, ils regardent, résignés, ce spectacle de désolation. »

Marcher en plein ciel, 2022, éd. Le mot et le reste

Gwenaëlle Abolivier est en résidence croisée entre la Ville de Nantes et la Maison Julien Gracq du 21 aout au 13 septembre 2021, dans le cadre du festival Les Préférences.

L’auteure

Gwenaëlle Abolivier est une journaliste et écrivaine française ainsi qu’une voix de France Inter.
Formée à l’école de Claude Villers, elle parcourt le monde pendant près de vingt ans en tant que reporter et productrice d’émissions de voyages et de documentaires de société pour les ondes de France Inter, France Culture et RFI. Elle développe un fort tropisme pour les territoires polaires et les grands espaces, les traversées en train et en cargo, le monde maritime et les îles. Aujourd’hui, elle a rejoint la Radio Télévision Suisse francophone ( RTS ) et privilégie l’écriture littéraire. Elle participe également aux revues ArMen et Eulalie.

Depuis 2015, sont parus Vertige du Transsibérien ( éditions Naïve ) ainsi que des textes illustrés pour la jeunesse : Te souviens-tu de Wei ? ( Editions Hongfei, 2015 ) et Qui a vu Monsieur Corbu ? ( B.Chauveau, 2016 ). Gwenaëlle Abolivier est également l’auteure de pièce radiophoniques et d’une biographie Alexandra David-Néel, une exploratrice sur le toit du monde ( À dos d’âne, 2012) et de plusieurs anthologies de correspondances Lettres océanes (Glénat, 2010), De Saint-Malo ( Les petites Allées, 2013 ), Ecrire d’amour à 20 ans ( A dos d’âne, 2014 ) et Le timbre de l’amitié, ( Ados d’âne, 2015) et Tendre est l’écrit ( A dos d’âne, 2016 ). Elle anime des ateliers d’écriture littéraire et radiophonique.

Sa dernière parution

Marcher en plein ciel, 2022, éd. Le mot et le reste

Extrait

"Le navire distille un froissis d’écume et un son champagnisant. De sa poupe, il creuse un sillon dans la nappe marine. En contre-jour, les Tas de Pois rappellent le dos dentelé du dragon de la baie d’Along. Et sur l’horizon, les saignées noires de la roche sont des esquisses de paysages qu’aurait tracées
Hokusai. On devine Camaret, Crozon et, dans le prolongement, la pointe du Raz. Je note mes premières impressions. Un goéland perce le ciel et soulève une odeur acide qui colle aux embruns. Les agriculteurs épandent sur leurs champs le lisier d’animaux que l’on ne voit pas. De toutes les façons, les
touristes d’un jour n’ont d’yeux que pour la mer et le soleil qui pointe à l’horizon. Ils ne voyagent que pour la promesse d’une île. J’aimerais aller au-delà. Le navire contourne la pointe Saint-Mathieu."

Tu m’avais dit Ouessant, 2019, éd. Le mot et le reste

Photo ©Dany Guèble

Dernière modification le 7 janvier 2022