Centre Industriel de Réalité Virtuelle à Saint Nazaire

Maison Julien Gracq à Saint Florent le Vieil
Centre industriel de Réalité Virtuelle à Saint Nazaire

Réalité virtuelle et langage

I – Origine et Intention

II – Les acteurs

III – Coopération : Penser ensemble, Agir, Interagir
IV – Premières approches

V – Restitution créative : production et diffusion des résultats des travaux

I – Origine et intention

Mise en place d’un groupe de recherche et de production sur le thème : Réalité virtuelle et Langage

La Maison Julien Gracq porte dans ses activités à venir la proposition de réunir écrivains et acteurs des universités et des entreprises.
Si la vocation première du Centre industriel de réalité virtuelle est industrielle, le CIRV doit aussi organiser des ateliers créatifs permettant de développement de nouveaux modes d’expression artistique, et des activités de recherche pluridisciplinaires.

II – Les acteurs

• écrivains et artistes liés à la Maison Julien Gracq à Saint Florent le Vieil (Pays de la 
Loire)
• chercheurs liés au Centre de réalité virtuelle de Saint Nazaire et aux Universités de Nantes et Angers (Pays de la Loire)
• industriels liés au Centre de réalité virtuelle de Saint Nazaire (Pays de la Loire) 

Maison Julien Gracq 

Dans son testament, Julien Gracq lègue sa maison à la ville de Saint-Florent-le-Vieil. Il souhaite qu’elle devienne un lieu de repos et de travail pour les écrivains. La Région Pays de la Loire et la ville de Saint Florent le Vieil mettent en œuvre les moyens pour ensemble transformer les deux bâtisses. Depuis 2009, s’élaborent les aspects artistiques, littéraires et financiers ; l’association qui anime la maison est créée le 12 juillet 2012. 


Lieu de résidence d’écrivains et d’artistes, la Maison Julien Gracq œuvre pour la francophonie, la création et la diffusion de la littérature contemporaine. Elle fédère les institutions de la région qui accueillent des écrivains et participe à la création de liens entre ceux qui réfléchissent et agissent avec le langage. 
C’est à travers les trois activités de Julien Gracq que s’articulent les missions de la maison : Ecrivain, géographe et enseignant. Ainsi, le langage, le paysage (réel, littéraire, virtuel, mental ...) et la transmission aux jeunes comme aux adultes constituent la recherche et l’action qui animent l’association.

Centre de Réalité Virtuelle Saint Nazaire
En phase avec le développement de la Réalité Virtuelle au sein d’AIRBUS, la Région Pays de la Loire a décidé d’investir dans cette plateforme nazairienne pour permettre de faire profiter de cette technologie aux PME et grands industriels de l’estuaire.

La plateforme représente un investissement global de 8M€ environ, équipement compris et contient deux salles équipées de divers dispositifs de RV.

- La première salle disposera d’un « CAVE » 5 faces, soit un espace immersif dot 5 faces sont les écrans retro-projetés en stéréoscopie 3D, permettant à un utilisateur d’interagir de l’intérieur avec un environnement simulé. Les mouvements de l’utilisateur y sont capturés par 8 caméras qui permettent en temps réel de recalculer l’image projetée en fonction de ses actions. Cette même salle dispose également d’un autre écran de grande dimension, également stéréoscopique, pour permettre un travail collaboratif avec d’autres usagers.
- La seconde salle dispose d’une grand écran du même type que celui de la première salle, et pouvant fonctionner de façon synchronisé avec un casque de Réalité Virtuelle. Le casque permet à son utilisateur une immersion complète dans la scène mais c’est au travers de son avatar que l’utilisateur interagit avec la scène, ce qui rend diminue la sensation de réalisme et d’immersion.

Par ailleurs le CIRV, qui sera opérationnel mi-2014, sera exploité par le GIP (Groupement d’Intérêt Public) Technocampus et Sophie LEVIONNOIS en aura la direction.

Si la vocation première du CIRV est industrielle, le CIRV doit également être une vitrine des différents usages de la RV. A ce titre, sa directrice envisage de mettre en place des animations pédagogiques à destination des collégiens et lycéens, des ateliers créatifs permettant de développement de nouveaux modes d’expression artistique, et des activités de recherche portées par le récent IRT Jules Verne, crée au printemps 2012 sur la région et dont les domaines d’intérêts sont les Technologies Avancées de Production sur les filières Navales, Aeronautiques, Energies nouvelles et transports terrestres.
Les usages industriels actuels de la réalité virtuelle, illustrés dans le document joint sont les suivants :
-  La conception de produits, outillages et postes de travail,
- La revue de projet de conception, et l’ajustement ergonomique des poste de travail
-  La formation des utilisateurs sur leurs futurs postes de travail
-
-  La télé-opération sur des opérations minutieuses, dangereuses, ou en milieux inaccessibles.

-  La créativité, produit, process

-  La collaboration à distance

A côté du CIRV, la plateforme « Atelier du Futur » doit permettre de transposer les études réalisées en RV dans un environnement réel « Augmenté ». La Réalité Augmentée consiste à utiliser la géolocalisation d’un opérateur pour lui apporter une information numérique complémentaire au bon endroit et au moment où il en a besoin, en projetant ou en affichant sur une tablette numérique cette information. Ce dispositif s’appuie sur le modèle même numérique que celui qui est utilisé en Réalité Virtuelle. Les deux technologies étant donc complémentaires. Bien d’autres expériences visant à l’optimisation des flux de production, à la réduction des efforts physiques, à, l’amélioration des conditions de travail et l’aide à l’opérateur seront développées dans l’ensemble CIRV+Atelier du Futur. Et ce au travers des projets de recherche menés par l’IRT Jules Verne.
Des foyers d’interrogation : une région, des hommes.
Une région : des brasiers de recherches... des idées en somme et la volonté de les mener. Et puis des hommes ou parce que des hommes. Une politique pourrait-on dire.

III – Coopération : Penser ensemble, Agir, Interagir

6 temps qui ne sont pas forcément linéaires et chronologiques :

1 - Constitution d’un groupe par la Maison Julien Gracq et le Centre de Réalité virtuelle conjointement
2 - Première rencontre pour définir la recherche
3 - Expérimentation du virtuel
4 - Rencontre échange : se poser des questions les uns les autres, échanger les sensations, réflexions, thèmes
5 - Ecriture, ou compte-rendu
6 -Restitution créative, transmission, applications possibles

IV – Premières approches

Langage et réalité virtuelle, quelques pistes de réflexion
par Caroline Sagot Duvauroux
écrivain associée à la Maison Julien Gracq

« Des foyers d’interrogation : une région, des hommes.
Une région : des brasiers de recherches… des idées en somme et la volonté de les mener. Et puis des hommes ou parce que des hommes. Une politique pourrait-on dire.

Quelle peut être l’action d’un univers virtuel sur le système virtuel de la langue ? Quelle empathie entre scientifiques et poètes raconte notre oscillation dans le monde ?
Sans la remise en cause d’Euclide, les arts contemporains ne seraient pas ce qu’ils sont. Sans Einstein, l’écriture se serait-elle difractée à ce point ? Sans les applications sinistres ou bénéfiques du nucléaire, l’intermittence et l’explosion des formes auraient-elles pris les allures radicales que le 20ème siècle leur connaît ?
Nous pouvons interroger les découvertes par leurs effets pervers ou par leur avancée dans la compréhension de l’univers, notre question reste la même : qu’est-ce qu’un homme ? son désir désespéré de créer (kranein), l’aporie fatale des idées, sa possibilité de déduire , de réduire comme on dit d’une équation pour accroître le champ de vision, ET sa capacité de faire (poiein), et de trouver le nom de faire, ce jour-là.
Il n’empêche que notre boulot d’artiste est d’oser risquer notre compréhension, d’interroger en gros, de nous déplacer d’un centimètre pour ouvrir un point de vue (un point d’où voir) sur le monde. Une légère différence d’où regarder. Et c’est la philosophie. Certains sont morts d’avoir dit ou pour avoir dit, ça n’est pas rien, dire, pourtant la joie qui accompagne la pensée signe une liberté possible, une libération du moins, toujours.
L’expérience du virtuel (paradoxe en soi) peut à notre avis, dans une sorte de jubilation ou d’effroi, faire vibrer nos langues. C’est bien ce que nous cherchons avec Mallarmé quand à la question de Nietzsche : qui parle ?, il répond : c’est le néant du mot qui tremble.
Imaginons pour un auteur ou un artiste l’expérience réelle d’un univers virtuel où la pensée de l’autre, disons la vision de l’autre, traverserait sa propre pensée, la remplaçant momentanément... qu’est-ce d’autre quand Walter Benjamin dans « le narrateur » écrit : c’est l’étranger qui raconte, celui qui raconte c’est l’étranger (non le même, non soi- même). L’étranger qui tranche soi. Suicide étrange du semblable par l’autre et pour l’autre.
Nous avons, poètes, non créateurs ex nihilo mais, comme le mot de poiein l’indique, faisant, nous les faisant parmi d’autres qui font, nous avons tous été touchés par la
vibration de l’inconnu, tous troué notre langue ou ravalé nos mots devant l’inénonçable du visible.
L’ignorance est notre chance. Elle nous fait approcher à tâtons cette vérité folle que pointe Maria Zambrano : En poésie, le néant a droit d’être. Emily Dickinson raconte l’aube, qui n’est pas l’aurore, qui n’est pas le trait, l’illumination de la raison qui sépare les limbes obscures ; l’aube écrit-elle est l’expression de la compassion de dieu pour les hommes car l’aube ignore et nous savons que l’ignorance – l’idiotie dit Clément Rosset – est propice à la révélation, je ne parle pas de métaphysique mais de l’ordinaire du chemin où la plante égarée sur un bord, l’exilée des jardins cultivés, la mutante, la surprenante, murmure aux idiots qui s’attardent : toujours la vie invente.

Qu’est-ce que le réel, qu’est-ce que le virtuel ? Voilà de quoi amuser nos cœurs et nos paroles.
Un jour, dans la genèse, dieu a demandé à l’homme de nommer. Le jardin des mots est né. Puis le serpent a cité dieu, inventant la référence, l’injonction et la possibilité du refus. Puis les mots se sont affolés, se sont mis à appeler, seuls, se multipliant, se scindant, se nucléarisant peut on dire, malades ou chercheurs, longeant le chaos.... Et maintenant on fait quoi ?

Paragraphe suivant, voir si on cite la volonté politique..
Grâce à Sophie Levionnois qui dirige ce CDRV, grâce à la curiosité des esprits scientifiques, nous avons à deux pas de notre Maison Julien Gracq vouée par son donateur aux parcours du monde et de ses paysages qui font la littérature, nous avons la possibilité de rencontrer in situ et avec des scientifiques et des industriels, des paroles différentes qui ne peuvent qu’accroître la nôtre en l’interrogeant.

Imaginer ce qui est ! être ce qu’un autre imagine !
Par exemple : deux hommes dans une proximité physique, vivent par réalisation virtuelle (encore ce paradoxe), une situation contradictoire (disons, un dans un bureau, l’autre à la plage) ils sont ensemble, ils se touchent, que se disent-ils ? Quoi parle quand nous parlons ?
Est-il besoin de vivre dans le réel ? dit avec un sourire rusé Sophie Levionnois, comme une provocation, comme autre chose encore qui nous occupe beaucoup quand nous contons nos histoires, quand nous inventons le mot croire qui est ne pas savoir, ne pas voir. La question est terrible.
Toute théorie scientifique est falsifiable dit-elle encore, dans la nostalgie folle de sa découverte passionnée d’Einstein dont les récentes découvertes réduiraient la géniale illumination.
Et je pense : distraite de moi-même, je vois.
Ces questions, tant d’autres, tarabustent nos livres et les lois des chercheurs de touts bords. Ce sont des questions d’homme, des questions sans réponse, aux réponses falsifiables ; des énigmes.
Nous regardons, voyons-nous ? écrire c’est regarder, ce chemin là du regard. Pour voir il faut qu’une comète traverse notre champ de vision. Poiein c’est regarder, l’autre croise mon regard et crée la différence de mon point de vue. Alors, distraite de moi- même par le surgissement de l’autre qui croise mon oscillation, mon rayon d’hésitation tonique, je vois, sidérée, surgir. Seul le surgi est falsifiable, non le surgissement. Voici la tragédie des sciences et des lettres : la nostalgie du surgissement dans le surgi.
Peut-être travaillons-nous à énoncer la question qui répondrait aux réponses livrées partout dans la réalité du monde.

Virtuel

Deleuze réfère « le virtuel » à la scholastique du Moyen Âge. État potentiel susceptible d’actualisation. Virtuel ayant pour opposé Actuel.
Denis Berthier se réfère à l’étymologie latine Virtus (vertu) et non à virtualis inventé au Moyen Âge. Le virtuel est alors une propriété du réel pleinement actuelle. (le reflet d’un objet est déjà là que je sois ou non là pour le percevoir. Il n’est pas en attente d’une quelconque actualisation.
Il exige un interface une médiation par un objet technique.
Tout ça intéresse formidablement la langue des poètes, d’autant qu’on ferait remonter l’apparition de l’oxymore Réalité Virtuelle au « Théâtre est son double » d’Antonin Artaud. Voilà qui nous appâte !
La langue actualise-t-elle une mémoire ? sert-elle d’interface entre le possible et l’impossible ? piège-t-elle nos sens comme le fait la réalité virtuelle ? y a-t-il des fins à tout ça s’il n’y a pas de fin.
La langue ne peut traverser les frontières comme l’image le peut, mais les murs si, les murs sont toujours des prisons que nos cœurs dessinés percés, que nos noms apposés tentent de trouer comme des sésames et ne parviennent qu’à renvoyer vers nous, passant le relais à l’oreille, derrière, ( se souvenir des écritures protosinaitiques pour dire œil et oreille) car nos lamentations et nos chants passent les murs par le morse complexe du désir, de la détresse ou de l’espoir.)
Quel impact peut avoir sur le langage, un mur qui n’est pas un mur et que je vois pourtant. Peut-il écarter l’enceinte de ma prison ? ne fait-il que me leurrer ? etc etc car c’est à l’infini des limites de notre vie : penser : cette joie-là. Oxymore.

V – Restitution créative : production et diffusion des résultats des travaux

 ???????

Extrait de la préface qu’écrit Julien Gracq pour le livre de Suzanne Lilar : Journal de l’analogiste.

« C’est la valeur qu’accorde Suzanne Lilar au passage, c’est-à-dire au moment où, dans le trompe l’œil, par exemple pour lequel je crois qu’elle a un faible, l’apparence secrètement minée vacille et bascule dans une tout autre image, créant par là cet émoi un peu désorientant qui est le propre de la poésie et que Suzanne Lilar, je crois bien préfère souvent secrètement à l’émotion. Une vive clarté d’ailleurs se trouve projetée par là sur une aspiration surréaliste bien connue à « ce qui n’est plus l’ombre et qui n’est pas encore la proie : l’ombre et la proie mêlée dans un éclair unique. » Il y aurait beaucoup à retenir aussi de ses remarques sur la notion extrêmement confusionnelle de beauté dans les choses, alors que c’est nous qui y projetons la poésie (…) Elle n’est qu’une proposition dont il dépend du génie de chacun de nous qu’elle se matérialise. »

novembre 2018 :

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