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Maison Julien Gracq

Martin de la Soudière

Quelle Loire ?

Sous les ponts de Varades et de Saint-Florent, coule la Loire .

J’aurais aimé, saisissant les avirons de Gracq, descendre comme lui l’Èvre et rejoindre le fleuve. Ou retrouver ses émois et jeux enfantins sur la rive gauche. Ou encore arpenter l’île mystérieuse, la Batailleuse. Rien de tout cela n’arriva, je m’en doutais, je le savais.

La Loire ne m’était pas inconnue, mais pas celle-ci, car, très en amont, pour moi, homme des enquêtes ethnographiques sur les hauts plateaux de l’Ardèche, elle prend sa source au Mont-Gerbier-de-Joncs. Décrite par un géographe en 1937, « Dès le mois de février, les neiges du Massif central fondent dans les plaines ». Ce Val ici en est aussi tributaire, de même que, le sont de nombreux, de brefs affluents, Thouet, Aubance, Layon, l’Èvre - coucou le revoici. Ces toponymes font rêver !

Ce fleuve ? Un chemin d’eau, un trait d’union, un passage entre des amonts (1000 km. (?) Ardèche/ Nantes) et un aval, car, je l’ai découvert ici, il y a autant de Loire que d’étapes, de scansions, de visages dans son destin, à l’instar de son cours - où elle court, pressée - et s’installe dans son lit - où elle dort - ou fait semblant, mais que d’un œil. Toujours incertaine, déconcertante ; elle est là où on ne l’attend pas notamment en période de crues ; introuvable souvent, entre ses bras mots et ses bras vifs, ses branchages enchevêtrés sur ses rives ; on la perd pour bientôt la retrouver, très large, bien dessinée, assagie. « En période de crue, on cherche vainement le fleuve (le géographe, en 1937). Ce côté capricieux et imprévisible a ses charmes, et de quoi me séduire, on dit d’elle qu’elle est le « dernier fleuve sauvage du pays ».

Elle attire désormais familles, enfants, simples promeneurs et joggers, quelques barques amarrées, profitant de la promenade Julien Gracq, des guinguettes s’y installent ; attirante un peu comme un bord de mer.

Sans absolument rien en connaître auparavant, J’ai découvert un fleuve, des fleuves plutôt. On va « à la Loire », presque aux Loire, de même qu’à à Toulouse on dit qu’on va « à Garonne », à la manière dont on désigne et qu’on va visiter une personne plutôt qu’un simple cours d’eau.

Dernière modification le 30 mars 2021