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Maison Julien Gracq

François-Henri Désérable

Résident CLAS · mars & avril 2020

« Je ne suis pas historien. Je ne nuancerai pas. »

Résidence du comité littéraire, artistique et scientifique de la Maison Julien Gracq.
Pendant deux mois de mars à avril 2020.

L’auteur

Né en 1987 à Amiens, François-Henri Désérable devient joueur de hockey professionnel à dix-huit ans et commence à écrire. Son premier livre, Tu montreras ma tête au peuple, paraît en 2013 et remporte plusieurs prix, dont celui de la Vocation.
Durant sa résidence, il écrira la vie d’un empereur oublié, dont la mémoire maudite fut effacée.

Ses dernières parutions

Un certain M. Piekielny, 2017, éd. Gallimard
Évariste, 2015, éd. Gallimard
Tu montreras ma tête au peuple, 2013, éd. Gallimard

En ligne

fhdeserable.com

Un extrait

Mais s’il y était entré, à l’École polytechnique ? S’il avait réussi ce foutu concours ? Si au lieu de lancer le chiffon à la gueule de Dinet, il avait fermé la sienne, effacé le tableau, répondu à la question ? On l’aurait admis, c’est certain. Et puis ? Il serait mort en Juillet, sans avoir eu le temps de rédiger le mémoire qu’il va bientôt rédiger. Ou plus tard, sur d’autres barricades, en 32, « par une journée mêlée de pluie et de soleil ». Peut-être aussi qu’il aurait vécu jusqu’à la Commune de Paris, et alors il aurait pris une balle en plein cœur. Ou il se serait assagi, serait devenu professeur de mathématiques, ventripotent et décati, docte, doctoral, ne se masturbant qu’en esprit sur des notes de bas de page, des lemmes, des théorèmes. Ou alors, délaissant les mathématiques, il serait parti au Choa, à dos de chameau vendre des armes à quelque ascendant de Ménélik. A moins qu’il ne se fût embourgeoisé, ce fils de bourgeois, épousant une fille de bourgeois et devenant à son tour père de bourgeois qui héritent plus qu’ils ne méritent, se laissent porter par la vie du berceau à la tombe. Il vaut mieux mourir à vingt ans.

(Citation tirée d’Évariste)

Dernière modification le 29 janvier 2020