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Maison Julien Gracq

Entretien avec Nathalie Man

Autrice et poétesse, Nathalie Man a été résidente à la Maison Julien Gracq à trois reprises, en été 2015, en été 2016 et au printemps 2019. Ces questions portent sur son séjour en 2019.

Sa résidence aux étés 2015 & 2016 · Sa résidence au printemps 2019


Pouvez-vous décrire votre projet d’écriture en trois mots ? Pourquoi ce titre « Signés NM » ?

Poésie, street art, journal. En hommage et en référence à l’article paru sur mon travail et à mon insu dans le 18e du mois, journal du 18e arrondissement de Paris, un article qui s’intitule ainsi et qui est de Daniel Conrod. L’article en question peut se lire ici.

Y a-t-il des choses que vous avez apprises sur l’écriture ou le métier, le statut d’écrivain durant votre résidence cette année ?

Oui pas mal. J’ai gagné en assurance et en lucidité tant sur le milieu littéraire et le statut d’écrivain que sur ma pratique.

Aviez-vous un endroit fétiche pour écrire ?

Mon bureau ! Mais aussi sur la table dans le jardin, face au coucher de soleil pour tous les poèmes courts que j’ai écrits et que j’ai débutés parfois sur la table de la cuisine.

Pouvez-vous décrire le paysage que vous gardez en tête lorsque vous pensez à la résidence à la Maison Julien Gracq ?

La Loire, les peupliers, le pont de Varades à Saint-Florent-le-Vieil. Et ça me manque.

Bordeaux ou Saint-Florent-le-Vieil, quelle est votre préférence ? Pourquoi ?

Vous m’auriez parlé de Ingrandes-sur-Loire, j’aurais hésité. D’ailleurs, je viens de mettre la photographie de mon collage sur le pont d’Ingrandes de mon poème "Je veux" en page d’accueil de mon site.
Je crois que je suis bien à Bordeaux malgré une carence presque criminelle d’espaces verts dont les politiques, sortants essentiellement, sont responsables.
Les gens que j’aime s’y trouvent, mais aussi beaucoup de gens que je ne connais pas encore et que j’ai hâte de découvrir.
C’est une moyenne/grande ville, donc s’offrent à moi pléthores de murs vierges et cela amène de nombreuses interventions sur mes affiches dû à la densité de sa population.
Il est certain que ce coin de Loire est un lieu très propice à l’écriture et que sa beauté, sa fraîcheur, sa lumière me manquent. Toutefois, je ne pourrais pas envisager Saint-Florent-Le-Vieil sans la Maison Julien Gracq. Ce qui me manque c’est cet écosystème dirons-nous, ce lieu de littératures et créations, ce lieu progressiste qu’est la Maison. Sans la Maison et sans l’équipe actuelle, je ne sais pas ce que je pourrais penser de Saint-Florent-Le-Vieil. Et puis je ne connais pas assez la commune.

Vous laissez un peu de vous dans chaque endroit que vous visitez, quelle part de ces endroits vous reste ?

En ville : les murs et les gens. Dans les petites communes/ campagne comme pour cette dernière résidence, je dirais : beaucoup le paysage, la Loire, et tout cet espace entre ce paysage que je trouve magnifique, quasi irréel, et ma personne. De cet endroit c’est la distance entre mon écriture finalement assez urbaine et ma construction personnelle très urbaine également et "la nature" que je retiendrai.
Pour les villes, ce sont toutes les interactions avec les citadins que je garde, les murs défraîchis, difficiles, les écrits urbains, etc.

Cette résidence a-t-elle changé votre vision de l’amour, de la littérature, de votre entourage ?

Oui, plusieurs remises en cause en effet. S’il faut développer, disons que je tends désormais à plus de liberté dans tout (dans ma vie intime et dans ma création), et que je suis persuadée que, malgré un effondrement plausible de tout ce qu’on connaît, j’ai l’envie et le droit de continuer à faire ce que je fais. J’ai encore beaucoup de choses à dire.

Combien de livres pouvez-vous lire en même temps ?

Jusqu’à trois pour bien les lire. Après c’est le bazar.

Avez-vous découvert un.e auteur.e pendant votre séjour ?

Oui deux. Stanislas Rodanski et Annie Le Brun dans la Bibliothèque Remarquable. J’avais déjà vu le livre Appel d’air en 2015 et en 2016 quand j’avais séjourné l’été mais je ne l’avais jamais lu. J’étais contente d’avoir le temps de le lire enfin.

Un dernier mot ?

Que c’était super et que j’espère revenir.



Nathalie Man collant son poème Je veux sur le pont d’Ingrandes-sur-Loire - par Valérie Oger.

Dernière modification le 19 octobre 2019