Pour 2018


En ces premiers jours de janvier, la Loire est une autre mer – avec ses vastes eaux démontées, soulevées de grandes vagues, le fleuve venu du Massif Central semble avoir inversé son cours et pris des largeurs d’Océan, la lune à son périgée se reflète dans l’eau grise, la mouscaille se change en écume de mer, on croirait sentir le sel souffler dans les branches nues des saules, le mascaret viendra bientôt chahuter nos barques et sous le doux crachin que portent les grands vents d’ouest, les températures sont étrangement printanières.

La planète entame une nouvelle révolution, 2018 commence ainsi, sous une lune inquiétante et par des tempêtes qui se succèdent, des tempêtes qui ont des noms de femmes, Carmen, Eleanor, tempêtes héroïnes d’opéra qui nous parlent du monde car le monde est un opéra créé dans un big bang ou un tohu bohu dont nous ne savons pas grand chose mais qui est aujourd’hui fabriqué de main d’homme. A l’ère de l’anthropocène, il n’y a pas de monde sans cette plante humaine qui l’habite et l’abîme, il n’y aura plus de monde quand nous aurons quitté la face détraquée de la terre.

Alors en ces premiers jours de janvier, plutôt que de vous adresser nos vœux pieux et convenus, nous souhaitons formuler ce très grand vœu : que l’homme puise en lui les ressources nécessaires pour retrouver l’usage des fleuves, amadouer la fureur des tempêtes, retisser les liens qui se désagrègent. Les arts, la littérature et les savoirs ont ce pouvoir, celui de dire notre inquiétude d’être au monde et de formuler des vœux : non pas que ce monde demeure tel qu’il est mais que l’homme le répare – tikkun olam, disait la mystique juive, réparer le monde pour rendre la terre plus habitable, rendre à la nature la liberté qui lui revient et rétablir entre les hommes la justice sociale.

Emmanuel Ruben

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