Rencontres Julien Gracq, 2015

Les vendredi 2, samedi 3 et dimanche 4 octobre 2015, aura lieu la 8e édition des Rencontres Julien Gracq à Saint Florent le Vieil.

Cette année, les Rencontres ont pour thème Tous les corps de Gracq.
Pour cette édition 2015, la Maison Julien Gracq et la Mairie de Saint-Florent-le-Vieil ont à nouveau fait appel au romancier Arno Bertina pour élaborer la programmation du festival.
L’œuvre de Julien Gracq, résolument moderne, inspire toutes les générations d’écrivains et s’articule, cette année, autour du thème "Tous les corps de Gracq". Romanciers, poètes, essayistes et journalistes ont été invités à croiser leurs regards sur ce thème.

"Dans l’œuvre de Julien Gracq, la géographie a occupé une place si féconde qu’elle a pu en occulter l’autre versant physique : celle des corps qui se font face, qui s’aiment et se désirent ou rivalisent et se repoussent. Des femmes éthérées, vénéneuses ou passionnées ; des hommes à qui les armes ne procurent plus aucune excitation, que fascine la part d’ombre attachée à l’Eros… Toutes ces figures peuplent cette œuvre, et ce sont elles qui seront convoquées cette année à Saint-Florent-le-Vieil, car cette question érotique a indubitablement contribué à tendre et façonner la phrase et les livres de Julien Gracq."
Arno Bertina

Programme

Vendredi 2 Octobre 2015

Lieu : Abbaye de Saint-Florent-le-Vieil

Vernissage de l’exposition Being Beauteous, en lisant, en photographiant, à l’abbaye de Saint-Florent-le-Vieil.

Samedi 3 Octobre 2015

Lieu : Auditorium de l’abbaye

14.00 : Introduction aux Journées
Lecture du texte de Marie-Hélène Lafon : Histoires de Casquettes
publié par Les Cahiers de la Maison Julien Gracq

14.30 : conférence et table ronde animée par Arno Bertina.
La représentation des hommes dans l’œuvre de Julien Gracq, par Marianne Alphant (écrivain).
Description des femmes chez Julien Gracq, par Alain Fleischer (écrivain, cinéaste et photographe).

17.00 : La sensualité de l’écriture gracquienne.
Conférence de Michel Volkovitch, suivie d’un entretien avec Arno Bertina.

20.30 : Acte dansé "L’âme d’un mouvement" par le chorégraphe et écrivain Daniel Dobbels, interprété par Marine Chesnais et Carole Quettier.

Dimanche 4 Octobre 2015

Lieu : Grenier à sel de la Maison Gracq

9.30 : Les échecs, une passion de Julien Gracq. Présentation par Jacques Boislève (journaliste, écrivain) et Michel Caillard (journaliste, président du club d’échecs de Cholet).

10.00 – 12.00 : tournoi d’échecs entre les amateurs intéressés (sur inscription au 02 41 19 73 55).

11.00 : Présentation de la Chambre des cartes par Jean-Louis Tissier et Emmanuel Ruben.

11.45 : Apéritif et intervention dansée proposée par Daniel Dobbels, "La fille qui danse".

12.00 : Pique-nique dans les jardins

Lieu : Auditorium de l’abbaye

14.00 : L’attente, la tension et la résolution. Table ronde avec Mathieu Riboulet (écrivain) et Stéphane Heaume (écrivain, librettiste).
Lecture de textes de Julien Gracq par Cathie Barreau (écrivain, directrice de la Maison Gracq). Animée par Arno Bertina.

15.30 : Conflit dans le genre et entre les sexes. Table ronde avec Nicole Caligaris (écrivain) et Alban Lefranc (écrivain). Animée par Arno Bertina.

17.00 : Le cercle des amis licencieux (Mandiargues, Hardellet, Bernard Noël, Jean-Jacques Pauvert) avec Emmanuel Ruben (romancier, ancien pensionnaire de la Maison Julien-Gracq) et Jacques Boislève (journaliste, écrivain).

Les invités

Marianne Alphant

Née en 1945, Normalienne et agrégée de philosophie, Marianne Alphant est une romancière et essayiste française. Après avoir enseigné pendant une quinzaine d’années, et publié trois romans – Grandes « O » (Gallimard, 1975), Le Ciel à Bezons (Gallimard, 1978) et L’Histoire enterrée (POL, 1983) –, Marianne Alphant a travaillé pour le journal Libération de 1983 à 1992 comme critique littéraire. En 1993 elle prend la direction des « Revues parlées » du Centre Pompidou et publie le premier des trois livres qu’elle a consacrés à Claude Monet. Ce n’est qu’en 1998 que sa passion pour le dix-septième siècle deviendra la matière d’un livre avec son essai passionnant sur l’auteur des Pensées, intitulé Pascal : tombeau pour un ordre. Quinze ans plus tard, Ces choses-là, publié par POL, sera l’occasion pour elle d’examiner son rapport au siècle suivant, celui de la bergerie de Marie-Antoinette et de la guillotine, celui de Sade et de Marivaux. Mais ces explorations historiques ne sont jamais coupées chez elle de cette passion pour la littérature contemporaine la plus exigeante qui a pu la mener à dialoguer avec Claude Simon ou, en 2001, avec Pierre Guyotat (Explications, éditions Léo Scheer).

Jacques Boislève

Parallèlement à son métier de journaliste, il a poursuivi un travail de recherche en littérature et d’écriture qui a donné lieu à de nombreux ouvrages. Il a dirigé le numéro spécial de la revue 303 sur Julien Gracq auquel il a, depuis les années 60, rendu souvent visite.

Nicole Caligaris

Née à Nice en 1959, Nicole Caligaris est notamment l’auteur de deux romans, La scie patriotique (1997) et Les Samothraces, (2000), d’un récit de voyage, Tacomba (2000), tous trois publiés par le Mercure de France. Elle a prolongé ce travail sur l’imaginaire des migrations avec Barnum des ombres (Verticales, 2002), un roman qui explore certaines marges urbaines de la région parisienne. Paru en 2008, Okosténie est un roman composé de motifs autour du thème de la mémoire et du témoignage. Si nombre de courts textes, ou sa réécriture d’Ubu roi (Belfond, 2014) s’appliquent à décrire l’aliénation par le travail aujourd’hui, son avant-dernier livre, Le paradis entre les jambes (Verticales 2013) revient sur un fait divers spectaculaire de 1981 (le meurtre et la dévoration d’une étudiante hollandaise par l’étudiant japonais Issei Sagawa) tout en examinant ce qu’aura signifié pour elle le fait de se découvrir femme dans ces années-là, à l’ombre de cet événement qui éclairait l’Eros d’une lumière si effrayante. Elle collabore par ailleurs au projet collectif « Général Instin » qui se déploie principalement sur internet.

Daniel Dobbels

Chorégraphe, danseur et penseur de la danse, contributeur et témoin avisé de l’histoire de l’art, Daniel Dobbels trace au fil du temps une voie unique entre écriture et création. Quel que soit son medium – le mot ou le geste -, il n’a de cesse de l’interroger pour s’approcher au plus près du sensible, dans une visée poétique de l’expérience humaine. Après avoir travaillé avec plusieurs chorégraphes et élaboré une vingtaine d’opus, il fonde la compagnie L’Entre-Deux en 2000 qui est accueillie en résidence dans de nombreux théâtres en France et à Paris. En 2014, il entame un compagnonnage
avec Scènes de Pays dans les Mauges.

Alain Fleischer

Né à Paris en 1944, Alain Fleischer est un cinéaste, photographe, plasticien et écrivain français. Après avoir été l’élève de Louis Poirier (Julien Gracq) au lycée Claude-Bernard, il a étudié les lettres modernes, la linguistique, l’anthropologie et la sémiologie à la Sorbonne et à l’École des hautes études en sciences sociales.
Ces curiosités multiples se retrouvent dans son œuvre de photographe (via laquelle il interroge notre rapport à l’image, notamment pornographique) que dans ses films où alternent les fictions (Zoo zéro, en 1979, avec Klaus Kinski et Pierre Clementi) et les documentaires (sur Klossowski, en 1982 ; sur Christian Boltanski en 1984 ou sur Rodin en 2002 et Godard en 2013, par exemple). Mais peut-être est-ce dans son œuvre littéraire, aux dimensions d’ores et déjà bien peu commune, que ce foisonnement va véritablement trouver l’espace où donner toute sa mesure, avec des romans comme Les Trapézistes et le rat, en 2001, Les Ambitions désavouées, en 2003, et La Hache et le Violon, en 2004. A l’image du roman autobiographique L’amant en culottes courtes, paru en 2006, une immense part de ses livres fait de l’érotisme une sorte de puissance dressée contre la mélancolie – ou activée par elle, tout aussi bien.

Stéphane Héaume

Stéphane Héaume est né en 1971 à Paris, où il vit aujourd’hui après plusieurs années passées à New York et en Afrique – deux temps de sa vie qui ont inspiré certains de ses derniers romans. Il est l’auteur de Le Clos Lothar (Zulma, 2002, Prix du jury Jean-Giono et Prix Emmanuel-Roblès), Orkhidos (Zulma, 2004), Le Fou de Printzberg (Anne Carrière, 2006), Le Contemplateur (Anne Carrière, 2007), La Nuit de Fort-Haggar (Seuil, 2009) et Sheridan Square (Seuil, 2012).
Il écrit également des textes mis en musique par différents compositeurs comme Thierry Escaich ou Richard Dubugnon dont Tryptique (Royal Academy of London, 1999 ; reprise à Radio France, 2008), et Le Voyage écarlate (La Péniche Opéra, 2002 ; reprise au Festival d’Aix-en-Provence, 2005) ou encore Le Songe Salinas, symphonie lyrique pour mezzo-soprano et orchestre (Théâtre des Champs-Elysées, 2009).
Sa passion pour l’œuvre de Julien Gracq l’a mené jusqu’à correspondre avec l’auteur d’Un balcon en forêt, qu’il a rencontré à quelques reprises à Saint-Florent-le-Vieil.

Alban Lefranc

Alban Lefranc est écrivain. Il vit à Paris après avoir longtemps vécu en Allemagne (Berlin, Dresde et Bonn) ce qui a puissamment nourri son travail : Des foules, des bouches, des armes retrace les premières années de la Fraction armée rouge, quand son livre Fassbinder la mort en fanfare se présente comme une fiction biographique autour du cinéaste allemand qui a tant marqué la scène publique ouest-allemande des années 70.
Creusant cette veine, Alban Lefranc a également écrit l’« antibiographie » de la chanteuse et comédienne Nico (Verticales 2009), avec Vous n’étiez pas là. Il a consacré sa deuxième pièce radiophonique au boxeur Mohamed Ali, avant d’en faire un livre Le ring invisible (Verticales 2013). Son dernier livre, L’amour la gueule ouverte (Hélium, 2015) s’attache à décrire les figures féminines qui obsèdent le cinéma de Maurice Pialat, du fait de leur liberté, de leur puissance.
Alban Lefranc est en outre le rédacteur en chef de la revue « La Mer gelée », qu’il a fondée en 2000, et il collabore à de nombreuses revues francophones ou germanophones (Inculte, Edwarda, Le Quartanier, Tausend Augen, Die kritische Ausgabe, etc.). Il a également traduit de l’allemand deux romans de Peter Weiss, Le Duel et L’Ombre du corps du cocher.

Mathieu Riboulet

Né en 1960, Mathieu Riboulet vit et travaille en Creuse ou à Paris. Après des études de cinéma et de lettres modernes, il réalise plusieurs films avant de voir son premier livre, Un sentiment océanique, publié par Maurice Nadeau. Les personnages principaux de Quelqu’un s’approche (Maurice Nadeau éditeur), Le Corps des anges (Gallimard, 2005) et L’Amant des morts (Verdier, 2008) sont de jeunes gens attirés par les hommes. En novembre 2012, son roman Les OEuvres de miséricorde est récompensé par le prix Décembre. « J’ai tenté d’y voir un peu plus clair dans les violences
que les hommes s’infligent – historiques, guerrières, sociales, individuelles, sexuelles, massivement subies mais de temps à autre, aussi, consenties » expliquait-il alors. Ses deux,derniers livres (Prendre date, sur les attentats de janvier 2015, et Entre les deux il n’y,a rien, sur les violences politiques des années 70 en Europe) sont certainement aussi les traces de ce souci nécessaire.

Emmanuel Ruben

Emmanuel Ruben nait à Lyon le 16 novembre 1980, où il restera jusqu’à la fin de ses études (il a été reçu au concours de l’Ecole Normale Supérieure). Dans ces années-là, il correspond avec Julien Gracq et séjourne en Italie (Pise) où il va travailler sur L’arrière-pays d’Yves Bonnefoy. En 2004 il est reçu au concours de l’agrégation de géographie et devient lecteur de français à Washington University (Saint-Louis, Missouri). Il entreprend ensuite des recherches à Istanbul, à l’Institut français d’études anatoliennes avant de partir pour la Lettonie, affirmant vite un vif intérêt pour cette région méconnue de l’Europe, et pour la langue russe.
De retour en France en 2006 il renonce à sa thèse de géographie puis à son poste d’enseignant pour se consacrer à l’écriture et au dessin. Ce qui sera suivi d’effet : son premier roman parait en 2010, intitulé Halte à Yalta (Jbz & Cie), suivi d’un autre, Kaddish pour un orphelin célèbre et un matelot inconnu (Éditions du Sonneur, 2013) mais c’est avec le troisième que son travail va être remarqué du fait de son ambition : La ligne des glaces (éditions Rivages, 2014) est le premier volet d’une suite européenne et nordique à laquelle il travaille depuis plusieurs années.

Michel Volkovitch

Michel Volkovitch a enseigné la traduction à l’université Paris VII de 1991 à 2012, et il continue de l’enseigner au CETL de Bruxelles comme à l’ETL de Paris. Traducteur incontournable de la littérature grecque contemporaine, notamment des deux premiers livres d’Èrsi Sotiròpoulos (Zigzags dans les orangers, chez Maurice Nadeau, et Dompter la bête, chez Quidam), il a reçu plusieurs prix littéraires pour ce travail de passeur (le prix Nelly-Sachs en 1996, le prix Laure-Bataillon en 2004 pour sa traduction du Miel des anges de Vanghèlis Hadziyannìdis, etc). On lui doit également une Anthologie de la poésie grecque contemporaine, 1945-2000 publiée dans la collection Poésie/Gallimard.
Il est également l’auteur de livres plus personnels, qu’il présente comme des récits de voyage en région parisienne (Le bout du monde à Neuilly-Plaisance, et Transports solitaires), et il a rassemblé dans son Verbier, herbier verbal, en 2000, et dans Coups de langue en 2007 (tous deux aux éditions Maurice Nadeau) les chroniques qu’il a écrites pour La Quinzaine littéraire, dans lesquelles il aura su montrer avec la même intelligence heureuse que le Julien Gracq des fragments critiques, à quel point une certaine littérature contemporaine française peut-être d’une richesse et d’une subtilité extraordinaire.

Samedi 3 Octobre 2015, à 20h30

Auditorium de l’Abbaye
à l’occasion des Rencontres Gracq

Un acte dansé orienté et aimanté par l’écriture de Julien Gracq.

Cette danse naîtrait de son écoute et de son entente du texte (choisi), du silence moulé qui modèle les phrases, leur rythme, leur sens latent et leurs ponctualités suspensives. Deux danseuses en déclineraient l’espace, en marqueraient les intervalles, les respirations, les doutes implicites, les souffles retenus et le questionnement silencieux, soulignant qu’il y a là une figure qui serait comme le fantôme s’invitant dans ce passage. Cet acte dansé se doublerait d’une approche analogue liée à un extrait d’un texte d’Alain Fleischer « Les angles morts ».

Chorégraphie : Daniel Dobbels. Danseuses : Marine Chesnais et Carole Quettier.

Photo : Laurent Philippe

Lieu : Auditorium de l’abbaye de Saint-Florent-le-Vieil
Tarif : 6€ Adulte / 3€ Enfant
Réservations au 02 41 75 38 34
ou billetteriesdp@paysdesmauges.fr
www.scenes.paysdesmauges.fr

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