La forme d’une ville, 8 mars 2012

LE LIEU UNIQUE A NANTES ET LA MAISON JULIEN GRACQ
ont organisé une rencontre publique dans le cadre du cycle

Séquence "cités et frontières, parcs et paysages"

à écouter sur le site du collectif remue.net : remue.net

MERCREDI 8 FEVRIER 2012

Conversation littéraire avec 4 écrivains
PIERRE MICHON, BERNARD BRETONNIÈRE, ARNO BERTINA ET CATHIE BARREAU

LECTURES DE « LA FORME D’UNE VILLE » DE JULIEN GRACQ.
ED. CORTI, 1985

Echange animé par PHILIPPE DOSSAL,
journaliste, correspondant pour Le Point, collaborateur de la revue Place Publique.

Autant que la lecture des œuvres de Chateaubriand, Proust, Céline, Modiano … et au même titre que celles de Queneau ou de Perec, la lecture de l’œuvre de Julien Gracq n’a pas été sans nourrir les textes littéraires produits à partir des années 1980 en France. Nantes est au centre de La Forme d’une ville, à la fois forme d’une cité et de son fleuve, au XXe siècle, et empreinte forte des années de formation de l’écrivain. Arpenter en solitaire la topographie de lieux familiers, Nantes et le paysage de St-Florent-le-vieil en particulier, constituait pour Gracq une manière de mesurer la densité du temps. Relire La Forme d’une ville qui n’est pas un guide mais bien un récit littéraire, c’est découvrir Nantes dans le temps autant que dans sa topographie changeante. C’est aussi ressentir avec le texte la manière dont les lieux façonnent l’esprit. Une lecture rapide de ce texte de Gracq (qui a vécu à Nantes de 1921 à 1928 comme élève au lycée Clemenceau, puis de 1935 à 1937 comme professeur) semble évoquer une ville ancienne, au paysage révolu. Mais cette promenade littéraire de l’écrivain dans la ville dont il se défait pour encore y revenir, au début des années 80, est pour lui manière d’interroger la mémoire des lieux, le secret et l’ombre de Nantes, tout autant que la séduction que la ville opère encore, et l’empreinte laissée de ce qui a été vécu là, dans ce paysage dont la promenade ravive la mémoire. Derrière la matérialité des bâtiments, la topologie des noms des rues, remontent des perceptions anciennes, se tissent tour à tour des réminiscences à la fois intimes et littéraires mais aussi des rémanences des fantômes de la ville. Pour qui lit les signes marquant l’esprit d’un lieu, ceux effacés, comme ceux que la ville a conservés parfois à son insu, il y a matière à percevoir la manière dont le temps se dilate, s’intensifie, gagne en épaisseur. Le Nantes dont ce texte dense parle au présent des années 80 contient à la fois passé, présence et vie à venir.
Julien Gracq n’était pas un mondain, mais il aimait recevoir des écrivains dans sa maison/refuge de St-Florent-le-Vieil pour échanger sur le monde et les affinités électives. La lecture à plusieurs voix de ce texte est l’occasion pour le lecteur d’aujourd’hui de percevoir ce qui se modifie du paysage de Nantes au XXIe siècle, autant qu’une manière de faire mieux percevoir la littérature à l’œuvre. Pour cette raison nous donnons la parole à quatre écrivains, d’ici, et d’ailleurs, construisant des œuvres d’inspiration très différentes, quatre lectures de Gracq et de cette ville.

Coup de projecteur

Anatole Danto

Chercheur en éco-anthropologie des espaces littoraux et fluviaux, diplômé en ethnologie de l’École Pratique des Hautes (...)

Yves Picquet

Yves Picquet est un artiste-peintre, sérigraphe et plasticien français. Grâce à Françoise Nicol, une résidence et 2 (...)