Rencontres Julien Gracq, 2014

Les vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 octobre 2014, aura lieu la 7e édition des Rencontres Julien Gracq à Saint Florent le Vieil.


A l’invitation de la Maison Julien-Gracq et de la Mairie de Saint-Florent-le-Vieil, le romancier Arno Bertina a bâti une programmation susceptible de montrer que l’œuvre de Julien Gracq inspire toutes les générations d’écrivains, y compris les plus jeunes.

Autour d’un thème d’actualité, "la guerre et la paix", des romanciers et un poète, nés entre 1947 et 1983, ont été invités à expliquer comment les romans et les recueils de fragments de Julien Gracq leur servent à décrypter notre époque ; quels outils elle leur fournit, ou quelle ambition elle les invite à assumer.
Si l’auteur d’Un balcon en forêt aura été pleinement de son temps, il est urgent de montrer que son oeuvre, elle, est peut-être pleinement du nôtre.

Président d’honneur : Jean-Louis Tissier

- Vendredi 3 octobre 2014
20 h 30
Cinéma Un balcon en forêt
(séance scolaire à 14 h)

Diffusion au ciné-glonne, auditorium de l’Abbaye de d’Un balcon en forêt
Film du réalisateur Michel Mitrani
Un Balcon en forêt : la drôle de guerre racontée par Julien Gracq, non telle qu’il l’a vécue dans les Flandres, mais transposée par lui au cœur des Ardennes. De ce récit, paru chez José Corti en 1958, Michel Mitrani a fait un film vingt ans plus tard où l’on retrouve toute la magie du livre avec sa maison forte, postée comme un dérisoire cran d’arrêt au bord de l’allée forestière et sa menue garnison saisissant tous les dérivatifs pour échapper à l’interminable attente et à la sourde angoisse qu’elle génère. L’automne en forêt, le temps suspendu, la guerre comme un orage toujours plus menaçant sans que l’on sache quand il éclatera : le film, remarquablement interprété, nous plonge comme le livre au cœur de l’univers gracquien

- Samedi 4 octobre 2014
Auditorium de l’Abbaye

14h : ouverture par Jean-Louis Tissier
14 h 15 : Diffusion de l’entretien avec Julien Gracq sur Un balcon en forêt, (télévision belge)

14h45 : conférence croisée sur la drôle de guerre vue par :
Julien Gracq (Un balcon en forêt) présenté par Cloé Korman.
Jean-Paul Sartre (Carnets de la drôle de guerre) présenté par Vincent Message.

16h30 : conférence croisée sur les combats de 1940 vus par :
Julien Gracq (Manuscrits de guerre) présenté par le romancier Oliver Rohe.
Claude Simon (La route des Flandres) présenté par le romancier Jérôme Ferrari.

20h30 : Les écrivains sur le front
Lecture d’extraits de différents auteurs sur la guerre (choix des textes Jacques Boislève)
Musique :
Comédiens du bibliothèâtre
Entrée 10 Euros

« Feu roulant, tir de barrage, rideau de feu, mines, gaz, tanks, mitrailleuses, grenades, ce sont là des mots, des mots, mais ils referment toute l’horreur du monde… » Erich-Maria Remarque sait de quoi il parle : la guerre il l’a faite, dans le camp allemand, et, comme Maurice Genevoix dans le camp français, elle l’a meurtri dans sa chair. Les mots, les mêmes mots dans les deux camps, dont les écrivains se servent pour dire la guerre, cet exceptionnel état-limite où le jour et la nuit s’inversent et où cohabitent les vivants et les morts, ils les ont forgés dans le feu, le sang et la boue des tranchées. Dans le cadre de ces VIIe Rencontres Julien Gracq, placées, cette année, sous le signe de la Guerre et de la Paix, ils vont nous dire ce soir leur guerre, la Guerre, telle qu’ils l’ont vécue, cette Grande guerre qui ne fut pas la Der des Der, comme tous l’espéraient. Ils nous diront le front, ils nous diront l’arrière. Parole sera ainsi donnée aux grands témoins que sont les écrivains : Barbusse, Dorgelès, Genevoix, Bernanos, côté Français, Jünger, Remarque dans le camp adverse. Comment dire l’indicible, comment saluer l’héroïsme et le sacrifice, tout en déclarant la guerre à la guerre ? C’est tout le paradoxe des écrivains combattants, tout à la fois frères et ennemis.
D’une guerre à l’autre, on retrouvera Julien Gracq qui lui aussi a raconté sa « drôle de guerre » dans ses Carnets et qui est l’auteur de plusieurs récits où la guerre, sans être directement au cœur de l’action s’y tient toujours tapie en embuscade. Avant d’endosser à son tour l’uniforme en 39-40 pour combattre dans les Flandres et connaître comme prisonnier les camps d’Allemagne, la Grande Guerre, tout enfant, à Saint-Florent, il l’a suivie de bout en bout à travers les pages de L’Illustration. Ces images de guerre que nous présentons pour accompagner ces témoignages écrits, celles-là même qu’il eut sous les yeux, nous les avons extraites des albums conservés par la famille Poirier.

- Dimanche 5 octobre 2014

10h - 12 h 30
Atelier d’écriture, Maison Julien Gracq (grenier à sel), animé par Emmanuelle Pagano
"Pour comprendre le ruisseau, il faut mettre un pied dans l’eau", chante Pierre Chêne, (Un Petit indien des Andes). J’ajouterais que "pour comprendre la rivière, il faut mettre la jambe entière" et j’invite les participants à l’atelier à travailler sur l’immersion dans l’eau vive avec l’écriture d’une petite fiction.

Promenade littéraire autour de la maison Julien Gracq, par Jacques Boislève.

12h : Déjeuner dans les Jardins de la Maison Julien Gracq
Si le temps le permet, pique-nique ensemble, ouvert à tous. Chacun apporte son repas.

Auditorium de l’Abbaye

14h : « L’amitié entre Julien Gracq et Ernst Jünger, parcours croisés au cours du vingtième siècle » avec Philippe Le Guillou et Bernard Maris. Table ronde animée par Dominique Rabourdin.

15h30 : conférence-lecture «  La géographie & la paix » par Emmanuelle Pagano, suivie d’un échange avec Arno Bertina.

16h45 : « La vie littéraire comme une guerre, ou : Gracq l’indomptable ». Table ronde avec Dominique Meens et Marie Cosnay, animée par Arno Bertina.

18h : "Les Terres du couchant", texte inédit de Julien Gracq à paraître le 9 octobre 2014 aux éditions José Corti. Arno Bertina et Jean-Louis Tissier concluent les Rencontres avec ce nouveau livre.

LES INTERVENANTS
Arno Bertina
, Ecrivain, critique littéraire, il est l’auteur de romans (Le Dehors ou la migration des truites, Actes Sud ; Appoggio Actes Sud ; Anima Motrix, Verticales Gallimard), de récits, et d’études sur des personnalités comme Nicolas Bouvier ou Jim Harrison.
Pensionnaire à la Villa Médicis à Rome en 2004-2005, il y privilégie le travail collectif en particulier avec un ouvrage : Anastylose, Rome, 13 av. J.-C., 9 av. J.-C., 1942, farce archéologique.
Il collabore à de nombreuses revues et fonde la revue philosophique Inculte avec plusieurs auteurs comme Oliver Rohe et François Bégaudeau. Il écrit aussi pour la jeunesse et travaille pour France Culture.
Son implication dans le projet de la Maison Julien Gracq, sa participation au Comité littéraire et artistique depuis les débuts et sa prestation lors des Rencontres Julien Gracq de 2011 sur la géographie, mais aussi la finesse de son analyse quant à la littérature qui se fait aujourd’hui, son œuvre personnelle et son sens du travail collectif ont permis qu’il soit sollicité pour concevoir le programme de ces Rencontres 2014.

Jacques Boislève
Parallèlement a son métier de journaliste, il a poursuivi un travail de recherche en littérature et d’écriture qui a donné lieu à de nombreux ouvrages. Il a dirigé le numéro spécial de la revue 303 sur Julien Gracq auquel il a depuis les années 60, rendu souvent visite.

Marie Cosnay est née à Bayonne – où elle vit toujours – en 1965. Professeure de lettres classiques, traductrice de textes antiques (notamment Virgile et Ovide), elle est aussi écrivaine. Outre de nombreux textes en revue, elle a été publié par les éditions du Cheyne (par exemple La langue maternelle), les éditions Verdier (Villa Chagrin évoque la figure du peintre Bram Van Velde et de sa compagne Marthe Arnaud) et chez Laurence Teper (le beau récit André des ombres, mais aussi Entre chagrin et néant qui tient la chronique des audiences du juge des libertés de Bayonne devant lequel comparaissent, en 2008, des sans-papiers menacés d’expulsion.) Les éditions Quidam ont publié A notre humanité autour de la Commune de Paris, et L’or des fous La bataille d’Anghiari sur le militantisme basque. Elle publie également des livres sous la forme numérique chez Publie.net.

Jérôme Ferrari, né en 1968 à Paris, est un écrivain et traducteur français. Après des études de philosophie à l’université Paris 1, il va retourner vivre en Corse, enseignant au lycée de Porto-Vecchio, qu’il quittera pour l’Algérie avant de revenir à Ajaccio. Après trois années comme professeur de philosophie au lycée français Louis Massignon d’Abou Dabi, il vit désormais à Paris. Après trois livres relativement confidentiels, il obtient un premier succès d’estime avec Un dieu un animal (Actes Sud), et un premier grand succès public avec Où j’ai laissé mon âme, qui obtient notamment le Prix du Roman France Télévisions 2010. Mais c’est surtout avec Le Sermon sur la chute de Rome que son œuvre rencontre un très grand nombre de lecteurs, en partie grâce au prix Goncourt 2012 qui lui a été décerné.

Cloé Korman est née en 1983 à Paris. Ecrivaine française, elle a fait des études de littérature anglo-saxonne avant de partir vivre deux ans à New York. Découvrant alors la côte ouest des États-Unis et le Mexique, elle commence à concevoir ce qui deviendra son premier roman : Les Hommes-couleurs, qui recevra en 2010 le Prix du Livre Inter, et le prix Valery-Larbaud. En 2013 les éditions du Seuil ont publié son second roman : Les Saisons de Louveplaine, qui raconte le quotidien d’une Algérienne à la recherche de son mari – dont elle est sans nouvelles – dans une cité de la banlieue parisienne.

Philippe Le Guillou
Professeur de lettres, inspecteur général de l’éducation nationale, romancier (plus d’une vingtaine de romans : Les portes de l’apocalypse, les Marées du Faou…), il a consacré des essais à André Malraux, au Général de Gaulle, à François-René de Chateaubriand ; et à la Bretagne où il est né. Il découvre Julien Gracq au lycée en 1976. Il lui consacre un premier essai, Fragments d’un visage scriptural, en 1991 avant de devenir un de ses « visiteurs ». Il a évoqué leur conversation dans Le déjeuner de bord de Loire, suivi de Monsieur Gracq, et Le dernier veilleur de Bretagne .

Bernard Maris
Bernard Maris est économiste, écrivain et journaliste. Il collabore au Monde, Charlie Hebdo, le Nouvel Observateur, le Figaro Magazine et France Inter. Professeur des universités à l’Institut d’études européennes de l’université de Paris 7, il a enseigné la micro-économie à l’Université d’Iowa et à la banque centrale du Pérou. Il est membre du conseil général de la Banque de France. Il a publié des essais – Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles, Antimanuel d’économie, Capitalisme et pulsion de mort, Journal d’un économiste en crise et, en 2O14, Houellebecq économiste.
Romancier (l’Enfant qui voulait être muet, le Journal), gendre de Maurice Genevoix, il préside l’association Je me souviens de 1914, dédiée à sa mémoire. Il vit dans la maison de l’écrivain, en bord de Loire. Il a publié cette année L’Homme dans la guerre – Maurice Genevoix face à Ernst Jünger

Dominique Meens est né le 17 novembre 1951 à Saint-Omer. Ecrivain et poète français vivant à Montevideo et travaillant à Moscou, nous dit le site de son éditeur – mais faut-il le croire ? –, il s’est fait connaitre avec L’Ornithologie du promeneur (qui compte à ce jour cinq livres, tous publiés par les éditions Allia). D’une singularité poétique remarquable, ce cycle a été suivi par un autre, celui des « Aujourd’hui » publiés par les éditions POL, dont Aujourd’hui je dors (2003) et Aujourd’hui ou jamais (2009) qui relèvent du poème comme du pamphlet ou de l’éloge (notamment à un écrivain comme Claude Ollier). Son dernier livre, Dorman est paru en 2014. Dominique Meens collabore en outre avec le compositeur Francis Gorgé depuis le début des années 80.

Vincent Message est un écrivain français né en 1983 à Paris. Il a fait des études de lettres et de sciences humaines à l’École normale supérieure. Après des années passées à Berlin et à New-York, il enseigne depuis 2008 la littérature comparée à l’Université Paris VIII. Son premier roman, Les Veilleurs, est publié en août 2009 au Seuil. Il revisite les codes du roman policier. Récompensé par le Prix Laurent-Bonelli Virgin-Lire et le Prix littéraire de la Vocation, ce roman a aussi fait partie de la dernière sélection du prix Renaudot 2009, du prix Médicis 2009 et du Prix Goncourt du premier roman 2010. Sa thèse de doctorat a également été publiée, remaniée en un essai passionnant portant sur les œuvres de Musil, Pynchon, Glissant, Rushdie, et Fuentès : Romanciers pluralistes, éditions du Seuil, 2013.

Emmanuelle Pagano est une écrivaine à l’univers rare, née septembre 1969. Après des études en esthétique du cinéma et une agrégation d’arts plastiques qui l’a menée vers l’enseignement, elle s’installe sur le plateau ardéchois et commence à écrire des romans, des récits et des nouvelles qui, depuis 2005 et son troisième livre (Le tiroir à cheveux), sont publiés par les éditions POL – notamment Les mains gamines et Un renard à main nues. Pensionnaire à la Villa Médicis en 2013-2014, elle revient de Rome avec un livre écrit dans la proximité des Eaux étroites, de Julien Gracq.

Dominique Rabourdin est critique de cinéma et critique littéraire. Il est l’auteur d’articles sur André Breton, Roger Caillois, Georges Bataille, Benjamin Péret ou Jacques Vaché, ainsi que sur Julien Gracq et Nora Mitrani. Réalisateur pour la télévision, il a collaboré aux émissions « Entrez les artistes », « Archives du XXe siècle », « Un Siècle d’écrivains », « Océaniques », « Métropolis » (dont il a été le rédacteur en chef entre 1995 et 2006). Il est également l’auteur du portrait du comédien Michel Bouquet, « Au cœur de l’acteur », diffusé en 2009 et co-auteur de livres sur les réalisateurs Claude Sautet, François Truffaut et Vincente Minnelli.

Oliver Rohe est un romancier français né le 17 septembre 1972 d’un père allemand et d’une mère libanaise. Il a grandi à Beyrouth jusqu’à l’âge de 17 ans avant de suivre les siens à Paris. En 2003 paraît Défaut d’origine (Allia) accueilli de manière très élogieuse par la critique. Dans le même temps, il travaille à créer une revue littéraire Inculte qui agrégera, à partir de 2004, des auteurs et des traducteurs du champ littéraire comme de la philosophie. En 2005 paraît Terrain vague (Allia), suivi par Nous autres (éditions Naïve). L’essai à six mains intitulé Une année en France (avec François Bégaudeau et Arno Bertina (Gallimard, 2007) interroge une séquence de la vie politique française (mars 2005 - mars 2006). En 2009 paraît un roman qui passe très vite pour important, Un peuple en petit (Gallimard) et en 2012, à l’occasion de la parution aux éditions Inculte de Ma dernière création est un piège à taupes (vie de Mikhaïl Kalachnikov), le mensuel ’’Le Matricule des Anges’’ lui consacre son dossier du mois.

Jean-Louis Tissier, géographe, professeur à l’Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne, directeur de l’institut de Géographie de Paris, il lit Julien Gracq, le rencontre, le cite. Une de ses conversations avec l’auteur en 1978 est publié dans l’ouvrage Entretiens aux éditions José Corti. Il collabore activement à la conception de la Chambre des cartes qui se met en place à la Maison Julien Gracq.

Les partenaires
La Ville de Saint Florent le Vieil, à l’origine de ces Rencontres, mène une politique culturelle qui conjugue qualité et accessibilité.
Pour que chacun y accède, quelque soit ses goûts et ses aspirations.
Parce que la culture est l’affaire de tous.
Maire de Saint-Florent-le-Vieil, André Retailleau.
02 41 72 50 39, http://www.ville-saintflorentlevieil.fr
mairie@saint-florent-le-vieil.fr

La Maison Julien Gracq, ouverte aux écrivains et à tous ceux qui souhaitent rencontrer la littérature et la géographie, maison natale de l’auteur du Rivages des Syrtes et de Un balcon en forêt, organise ces Rencontres avec la Ville de Saint Florent le Vieil. Elles ont depuis 2008 permis de faire vivre la mémoire de l’œuvre et d’engager la conception et les travaux de cette maison conformément au testament de Julien Gracq.
Association : Président Jacques Auxiette, directrice Cathie Barreau.
1, 3 rue du grenier à sel, 49410 Saint Florent le vieil
02 41 10 73 55, www.maisonjuliengracq.fr
contact@maisonjuliengracq.fr

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